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Décrochage scolaire et phobie scolaire en Belgique

il y a 7 jours
3 min de lecture

chaise d'écolier vide sur fond beige

 

En Belgique comme ailleurs, il existe 2 types de décrochages scolaires mis en avant par Juchtmans et al. (2017), le décrochage scolaire actif (le jeune ne va plus en cours, ou est absent épisodiquement) et le décrochage scolaire passif (le jeune se désintéresse des apprentissages, tout en restant présent à l’école)

Pour des raisons de précision scientifique, le présent article ne traite que du décrochage scolaire actif. Le chiffre du décrochage scolaire actif est mesuré en Belgique Francophone par le taux d’enfants du fondamental ou du secondaire ayant accumulé au moins 9 demi-jours d’absence injustifiée durant l’année.

Le taux de décrochage scolaire actif est en hausse constante depuis 2019, que ce soit en fondamental ou en secondaire, sur la totalité du territoire francophone ou à Bruxelles.

 

Taux de décrochage scolaire

2019-20

2020-21

2021-22

2022-23

2023-24

2024-25

Secondaire, Bruxelles

14 %

16 %

18 %

21 %

24 %

26 %

Secondaire, Belgique

7 %

9 %

10 %

12 %

15 %

17 %

Fondamental, Bruxelles

6 %

9 %

12 %

13 %

14 %

14 %

Fondamental, Belgique

3 %

4 %

5 %

6 %

6 %

6 %

 

Chiffres de Focus n°84 de l’IBSA (juillet 2026) - Communauté française, Communauté flamande, calculs IBSA.

 

Plusieurs raisons peuvent être évoquées pour expliquer ces importantes hausses, la plus importante étant une hausse de 142% en Secondaire en Belgique, soit plus de 2 fois plus d’enfants catégorisés en 6 ans.


- Depuis le COVID, les enfants (et leurs familles) ont expérimenté le fait qu’on pouvait être absent de l’école, même sur une longue période, sans en subir trop de conséquences dans les apprentissages.

- La digitalisation des cours et de la communication famille – école permet de garder le contact en cas d’absence prolongée, et facile donc la possibilité de rattraper son retard.

- La phobie scolaire (une des causes du décrochage scolaire) augmente chez les enfants et les adolescents, alimentée par un climat global d’anxiété chez les jeunes.

Si tous les enfants qui présentent des signes de phobie scolaire s’acheminent à plus ou moins long terme vers un décrochage scolaire, les enfants qui sont en décrochage scolaire ne le sont pas tous pour des raisons de phobie scolaire ou de trouble scolaire anxieux.

Il peut également s’expliquer par un désintérêt pour l’école, des difficultés scolaires (résultats), des problèmes de santé.

 

Tous les enfants qui ont été en situation d’absentéisme prolongé l’ont constaté : plus ils ont manqué des jours d’école, plus il leur a été difficile d’y retourner. C’est en cela que la phobie scolaire présente pour ces enfants un double obstacle : ils doivent affronter ce qui leur fait peur dans le fait d’aller à l’école (les causes sont très variées et personnelles) et le regard de leurs pairs et de l’encadrement.

Durant une période où le regard des autres est naturellement une contrainte puissante sur le psychisme du jeune, la justification de l’absence prolongée, si elle n’est pas socialement acceptable, peut être un véritable frein au retour à l’école.

C’est pour cette raison qu’au cabinet nous travaillons avec les jeunes en phobie scolaire à faire diminuer leur angoisse, mais aussi à anticiper leur retour en classe.

Ma priorité est de les aider à faire diminuer la peur qui les empêche, pour ensuite évaluer avec eux leur envie d’y retourner. Cette envie ne se commande pas. Elle jaillit (ou pas) une fois la peur dissipée.

Il arrive que certains jeunes que je suis en cabinet ne souhaitent pas retourner en classe. S’il s’avère que l’envie n’est pas là, et que retourner à l’école n’est pas une option eux, d’autres solutions sont proposées à mes patients en termes de scolarité alternative afin qu’ils puissent respecter l’obligation scolaire.

 

Sources :

IBSA, Focus n°84, « Comment mesurer le décrochage scolaire en Région bruxelloise ? », juillet 2026 (ibsa.brussels), d’après les données des Communautés française et flamande.

Décrochage scolaire en Région de Bruxelles-Capitale. Vers une stratégie coordonnée et partagée de lutte contre le décrochage scolaire en Région de Bruxelles-Capitale par Goedroen Juchtmans, Deni Mazrekaj, Christina Meert, Katleen De Rick et Kristof De Witte

 

 Lumière du jour est un cabinet bruxellois spécialisé en résolution de problèmes scolaires et d'apaisement de souffrances scolaires telles que le harcèlement scolaire, la phobie scolaire ou les relations entre camarades d'école. Marine Lecomte, thérapeute formée à l'école de Palo Alto par l'école À 180 degrés-chagrin scolaire reçoit parents, enfants et adolescents à son cabinet à Uccle ou en visioconférence.

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