top of page

La phobie scolaire

  • 2 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 févr.


Long couloir sombre à l'intérieur d'une école, avec deux rangées de casiers jaunes de part et d'autre de ce couloir


Elle touche aujourd’hui jusqu’à 5 % des enfants et des adolescents en âge d’être scolarisés.

La définition exacte de la phobie scolaire date de 1974 et a été conceptualisée par Julian de Ajuriaguerra, neuropsychiatre.

« Il s’agit d’enfants et d’adolescents qui, pour des raisons irrationnelles, refusent d’aller à l’école et résistent avec des réactions très vives d’anxiété ou de panique quand on essaie de les y forcer. »

 

On comprend à la lecture de cette définition que nous sommes loin du portrait d’enfants qui décident de manquer volontairement l’école, comme on se l’imagine parfois un peu facilement.

Les manifestations le plus répandues, hors la volonté évidente de se soustraire au rythme scolaire sont des symptômes physiques comme les maux de tête ou de ventre, les crises de panique ou de larmes.

Ces symptômes de détresse émotionnelle sont déconcertants pour l’entourage, qui souvent ne comprend pas leur apparition / disparition en lien avec l’environnement scolaire.

Il est courant de parler aujourd’hui également de Refus Scolaire Anxieux (RSA) qui met encore plus en avant la détresse émotionnelle des jeunes qui présentent un tel trouble.

Il s’agit de jeunes qui au fond d’eux-mêmes ont envie d’aller à l’école mais qui sont tellement paniqués à l’idée d’y aller qu’ils sont dans l’impossibilité de le faire.

La peur est infiniment plus forte que l’envie.

 

En constatant le caractère paralysant de la peur, on peut donc en conclure que l’urgence pour ces enfants, est moins de les remettre à l’école que de faire diminuer cette peur totalement handicapante.

Les enfants qui souffrent de RSA ne s’y trompent pas. Ils refusent toute aide extérieure qui pourrait les conduire, à court ou moyen terme à retourner à l’école, du moins tant que leur peur n’a pas diminué.


Les causes de cette peur sont multiples et même propres à chaque enfant. Cependant on peut les classer en plusieurs catégories de type :

-       Rejet de l’établissement

-       Harcèlement ou mise à l’écart des pairs

-       Rejet de l’enseignant

-       Absentéisme prolongé…

Dans ce dernier cas on notera la présence du cercle vicieux : c’est parce que l’enfant a été absent qu’il craint de revenir par peur d’être moqué pour cette raison.

 

Une des possibilités de prise en charge des enfants qui refusent l’école est donc de s’atteler à identifier la peur, pour la faire diminuer et reprendre sa place « normale ». Tant que cela ne sera pas acté et réussi, l’envie ne pourra jamais prendre le dessus et l’enfant ne reviendra pas à l’école.

Le but pour TOUS les intervenants est donc bien de prendre en charge la souffrance de l’enfant, sans aucune velléité de le voir retourner en classe, explicite ou implicite. C’est le prix à payer pour le sortir de l’angoisse qui l’étouffe.

 

 

AJURIAGUERRA J. (1974), Manuel de psychiatrie de l’enfant. Paris, Masson, 2e éd.

VALENTIN Stephan, (2018), La phobie scolaire : comprendre pour agir, Psycho poche

BENOIT Laetitia, Chan Sock Peng, E., Flouriot, J., DiGiovanni, M., Bonifas, N., Rouquette, A., Martin, A., & Falissard, B. (2024).

. *European Child & Adolescent Psychiatry

Posts récents

Voir tout

Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.
bottom of page