La notion d’identité de genre
- 4 mai
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Parfois on parle de théorie de genre : comme s’il y avait la théorie et la pratique. Le genre qu’on pense être mais qu’on n’est pas. Ou encore comme si le genre c’était une théorie, comme les théories du complot. Tout ce qui peut être utilisé contre la généralisation du concept de genre l’a déjà été, tout ce qui peut dévaloriser l’usage de la notion est encore trop répandu.
Pour expliquer à ceux et celles qui souhaiteraient comprendre plus précisément de quoi on parle, je vais utiliser ici la définition proposée par le site du Conseil de l’Europe Questions de genre.
Le genre : Notion socialement construite de la masculinité et/ou de la féminité (le terme « sexe », en revanche, met l’accent sur les différences biologiques). Le genre est une construction psychologique, culturelle et sociale, qui est opérée dans le processus de socialisation et liée à notre propre identité et à notre ressenti intime. Ainsi, un individu peut s’identifier comme étant de genre masculin, féminin, transgenre, autre ou aucun (indéterminé/non spécifié). Le genre n’est pas nécessairement lié au sexe biologique : il peut y avoir correspondance ou pas entre le genre et le sexe biologique.
Plus simplement le genre d’une personne c’est comment elle ressent en elle qui elle est vraiment, peu importe le sexe biologique avec lequel elle est née.
Dans la majorité des cas, une personne se sent fille si elle naît fille, ou se sent garçon si elle naît garçon. L’éducation contribue à ancrer ce sentiment de concordance également.
Mais d’autres fois, cette personne ne sent pas fille alors qu’on lui répète à l’envi qu’elle en est une ou ne se sent pas garçon alors même que tous y compris son propre corps, lui renvoient le message inverse.
Cet écart entre ce que cette personne ressent et ce que la société lui renvoie c’est la dysphorie de genre. La dysphorie de genre provoque très vite, chez celui ou celle qui l’expérimente une profonde détresse et une grande souffrance.
Pourtant il semble assez clair dans notre société actuelle que la classification binaire du genre :
Le concept selon lequel il n’existe que deux genres, féminin et masculin, et que le sexe biologique d’une personne correspond forcément aux notions socialement construites de la masculinité et de la féminité, n’est plus adéquat pour l’ensemble de la population.
Le genre est aujourd’hui une notion extrêmement fluide, qui fluctue sur un continuum qui va du extrêmement masculin au extrêmement féminin, et où chacun s’ancre là où bon lui semble, là où il est le plus confortable.
À partir de là, on admet qu’il existe PRINCIPALEMENT (avec beaucoup d’autres nuances), deux catégories de personnes :
Les personnes cisgenres pour lesquelles le genre attribué à la naissance convient parfaitement, et ne fera jamais l’objet d’aucun questionnement,
et les personnes transgenres dont le genre attribué à la naissance ne correspond pas à ce qu’elle souhaite au plus profond d’elle-même.
Il n’est jusque-là jamais encore question de sexualité, ou d’attirance pour l’autre ou le même sexe. Le genre est une question d’identité pas de sexualité. C’est pour cela que le questionnement peut intervenir très tôt dans la vie d’un enfant, avant la puberté, avant l’adolescence.
Lorsque l’on est bien informé autour de la notion d’identité de genre, on est à même de rassurer un enfant qui se questionne, et de légitimer ses questions.
Si vous ou votre enfant vous posez des questions sur l’identité de genre, parlez-en à un professionnel formé, référez-vous aux ouvrages que je vous indique à la fin de cet article. Vous verrez que comprendre mieux ces notions vous sera d’une grande aide.
Sources & inspirations
Appelez-moi Nathan – Catherine Castro & Quentin Zuttion – Ed. Payot Graphic
Une histoire de genres – Lexie – Ed. Marabout
Histoires de coming out – Baptiste Beaulieu & Sophie Nanteuil – Ed. Albin Michel
Transitions – Elodie Durand – Ed. Delcourt / Mirages
Photo de Marek Studzinski sur Unsplash
Lumière du jour est un cabinet bruxellois spécialisé en résolution de problèmes scolaires et d'apaisement de souffrances scolaires telles que le harcèlement scolaire, la phobie scolaire ou
les relations entre camarades d'école. Marine Lecomte, thérapeute formée à l'école de Palo Alto par l'école À 180 degrés-chagrin scolaire reçoit parents, enfants et adolescents à son cabinet à Uccle ou en visioconférence.
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