Comment savoir si mon enfant est victime de harcèlement ?
- 5 févr.
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Dernière mise à jour : 16 févr.

C’est la question que tous les parents d’enfants scolarisés se posent et redoutent.
Et si vous profitiez des congés scolaires pour en parler avec eux ?
Le harcèlement scolaire, fléau qui sévit depuis toujours dans les établissements, est particulièrement mis en lumière depuis une quinzaine d’années.
Si la parole s’est beaucoup libérée, c’est surtout du côté des adultes : parents, professionnels éducatifs, thérapeutes.
Les enfants se livrent encore peu à ce sujet, ou juste parfois des années plus tard.
Les enfants ne parlent pas de ce qu’ils vivent au moment où ils le vivent pour plusieurs raisons :
- Ils souhaitent préserver leurs parents du chagrin que cela pourrait leur causer
- Ils ont peur de ce que l’adulte pourrait faire, comment il pourrait réagir une fois dans la confidence.
Quand s’alerter ?
Pourtant, il est primordial d’aider l’enfant cible à résoudre la situation dès qu’elle devient problématique, pour ne pas laisser des comportements délétères s’installer.
Pour mettre les parents en alerte quelques pistes :
- Avez-vous remarqué que votre enfant réagissait différemment dans le cercle familial ? Est-il plus réservé, semble-t-il plus triste ? Au contraire est-il sujet à de violents accès de colère ?
- A-t-il développé depuis une anxiété vis-à-vis de l’école ? Rechigne-t-il à s’y rendre ? Se plaint-il de symptômes inexpliqués comme des maux de tête, de ventre ?
- Ses résultats scolaires ont-ils subitement chuté ?
Un autre indice révélateur que quelque chose ne tourne pas rond dans la cour de l’école, c’est un brusque changement de comportement juste avant la fin de ce que l’on appelle les « petites vacances » : automne, hiver, détente ou printemps.
La période est suffisamment longue pour que l’enfant relâche la pression en se sentant en sécurité chez lui, mais trop courte pour prendre du recul ou oublier ce qu’il vit au quotidien à l’école.
Les quelques jours précédant la rentrée, il pourra montrer des signes de stress, de tristesse ou d’irritabilité.
Alors que faire ?
Pour recueillir la parole de leur enfant, les parents doivent le mettre en confiance. Lors d’un moment calme propice à l’échange, ils peuvent entamer le dialogue à ce sujet. En amont, ils doivent l’assurer que s’il se passe quelque chose à l’école dont il souhaite leur parler, ils l’écouteront sans jugement, avec bienveillance.
Le plus important est de clore cette invitation à la parole par une promesse rassurante et responsabilisante pour lui « Je ne ferai jamais une chose avec laquelle tu n’es pas d’accord », et s’y tenir évidemment.
Profitez de ces jours de congé pour observer (sans être oppressant vous-même) le comportement de vos enfants, assurez-les de votre présence, et s’il advenait qu’ils sont en proie à des difficultés, adoptez les bons réflexes.
N’agissez pas sous le coup de l’émotion et de la colère, et respectez le choix de votre enfant d’intervenir ou non.
L’enfant harcelé est celui qui connaît le mieux la situation et il est, quand il est accompagné par une équipe éducative ou un·e thérapeute formé·e en ce sens, le plus à même d’apprendre à se défendre.
L’enfant cible qui sait se sortir par lui-même d’une situation difficile fait un apprentissage précieux qui le protégera des relations toxiques plus tard (quelles qu’elles soient).
Sources :
Emmanuelle Piquet (ULiège) – Manuel de survie face aux harceleurs ed Les arènes
Margaux Déage (Université Toulouse) – À l’école des mauvaises réputations, ed PUF
Benoît Galand (UCL) – Le harcèlement à l’école, ed RETZ

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